IMAGES – Centenaire de la Grande Guerre : quand l’Yonne soignait les poilus

Yonne, France

Pendant la première guerre mondial, les cartes postales et les lettres étaient le seul moyen de communiquer entre les poilus et leur famille. Ces cartes racontent cette guerre, par les photos au recto et les messages au verso. C’est pour cela que le club cartophile de l’Yonne et l’Amicale Philatélique Auxerroise multiplient les expositions, comme dimanche 11 novembre à la halle aux grains de Toucy et dans la salle Vaulabelle à Auxerre. 

Les ambulanciers devant l'hohôpital installé à Passy, dans l'Yonne. - Aucun(e)
Les ambulanciers devant l’hohôpital installé à Passy, dans l’Yonne.Michel Worobel

Plus de 200 cartes postales sont affichées sur des panneaux. Elles évoquent la vie dans l’Yonne entre 1914 et 1918. Elles racontent par exemple comment le département s’est transformé en immense hôpital pour accueillir les soldats blessés. 

Jusqu’à 60 hôpitaux dans l’Yonne, pendant la grande guerre

« Nous avons eu jusqu’à une soixantaine d’implantations d’hôpitaux dans l’Yonne pendant la première guerre mondiale », explique Michel Worobel, président de l’amical philatélique auxerroise, « parfois tout petit », poursuit-il, « une dizaine de blessés dans un château, une dizaine d’autres dans une propriété. »

Une salle de l'hôpital auxiliaire installé à Auxerre. - Aucun(e)
Une salle de l’hôpital auxiliaire installé à Auxerre.Michel Worobel

A Auxerre, il pouvait y avoir jusqu’à 200 blessés soignés en même temps. Saint-Florentin a accueilli des péniches qui servaient d’hôpitaux, alors qu’à Cravant, des tentes ont abrité 1200 blessés en 1918.



Pour soigner tous ces blessés, les Icaunaises étaient en première ligne. Beaucoup se sont improvisées infirmières, d’autres ont pris la place des hommes dans les usines, comme dans l’établissement Guilliet à Auxerre où l’on fabriquait des obus pendant la grande guerre. Des cartes postales de ces femmes au travail ont été retrouvées.

Le réfectoire de l’hôpital à Auxerre pendant la grande guerre. Les Icaunaises sont en première ligne pour soigner les blessés. - Aucun(e)
Le réfectoire de l’hôpital à Auxerre pendant la grande guerre. Les Icaunaises sont en première ligne pour soigner les blessés.Michel Worobel

Les messages au dos des cartes postales en disent aussi beaucoup sur l’origine sociale des soldats : « Il y a deux types de courriers », raconte Michel Worobel, « une écriture à la plume Sergent-Major avec une calligraphie parfaite, on sent vraiment « l’intellectuel », et puis il y a des lettres avec un langage phonétique. Le soldat sait à peine écrire, mais il donne des nouvelles à sa famille ».

Des messages pour garder le contact avec les proches

Ce sont ces messages-là qui émeuvent le plus le président de l’amical philatélique auxerroise, car dit-il  : « on sent une attente dans ses cartes, un besoin de garder le contact avec la famille, les amis, le village malgré la guerre »

La carte postale d'un soldat sans doute transféré de l’hôpital d'Auxerre à l’annexe de Pontigny (Yonne). - Aucun(e)
La carte postale d’un soldat sans doute transféré de l’hôpital d’Auxerre à l’annexe de Pontigny (Yonne).Michel Worobel

Posté depuis https://www.francebleu.fr/infos/societe/quand-l-yonne-soignait-les-poilus-1541704558#xtor=RSS-105