Attentat au musée juif de Bruxelles : Mehdi Nemmouche plaide non-coupable

Le procès du tueur présumé du Musée juif de Bruxelles en mai 2014 s’est ouvert ce 10 janvier 2019 devant la cour d’assises de la capitale belge. Jugé pour quatre assassinats terroristes avec un complice présumé, Nacer Bendrer, lui aussi français, Mehdi Nemmouche, djihadiste de 33 ans, qui au moment des faits venait de rentrer de Syrie, encourt la réclusion à perpétuité.



Ce procès sous haute surveillance policière, au cours duquel plus d’une centaine de témoins seront entendus, doit durer jusqu’au 1er mars. Le premier interrogatoire des accusés est attendu le 15 janvier. L’audience doit être consacrée jusqu’au 11 janvier inclus à la lecture de l’acte de l’accusation, un document d’environ 200 pages. 

Si la cour d’assises soutient la thèse de l’accusation, cet attentat antisémite, qui avait ému la communauté internationale, restera comme la première attaque commise sur le sol européen par un combattant djihadiste de retour de Syrie. Le procès s’annonce comme un bras de fer entre les accusés, qui nient les faits, et les parties civiles, qui jugent «accablantes» les preuves rassemblées.

Selon l’accusation, Mehdi Nemmouche est l’homme qui, le 24 mai 2014 vers 15h45, a ouvert le feu dans le hall d’entrée du Musée juif, tuant un couple de touristes israéliens, une bénévole française et un jeune employé belge du site. Un quadruple assassinat exécuté en 82 secondes, comme s’il était l’œuvre d’un tueur professionnel, avec un revolver et un fusil d’assaut Kalachnikov. A l’époque, il était revenu depuis peu de Syrie où il avait combattu dans les rangs de ce qui allait devenir Daesh, le groupe Etat islamique.

«Il faisait partie des gens qui torturaient les Syriens, les Irakiens, les prisonniers»

A Alep (Syrie) en 2013, Nemmouche est soupçonné d’avoir retenu en otages quatre journalistes français. Inculpé fin 2017 à Paris dans ce dossier, il devra faire face à un procès distinct en France. Trois de ces journalistes l’ont reconnu après les faits de Bruxelles en 2014, dépeignant un geôlier «violent, autoritaire».

«Quand j’entends ses avocats dire que c’est quelqu’un qui peut être très poli, très urbain… Certainement. C’est quelqu’un de malin. Mais moi, je n’oublierai jamais sa capacité de violence», a affirmé ce 10 janvier sur Europe 1 l’un des otages, Didier François. Et de préciser : «Il faisait partie des gens qui torturaient les Syriens, les Irakiens, les prisonniers.» D’après l’enquête française sur cette séquestration à Alep, Mehdi Nemmouche ne cachait pas son admiration pour Mohamed Merah, qui en 2012 a assassiné trois militaires, puis trois enfants et un père juifs, à Toulouse et Montauban.

Pour le Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB), partie civile au procès, le caractère antisémite des assassinats du musée juif ne fait aucun doute. Or, sur les bancs des victimes on craint que les avocats de Mehdi Nemmouche ne tentent de minimiser cet aspect voire de «tenir un discours de type complotiste». L’hypothèse de la responsabilité d’agents israéliens a déjà été évoquée à demi-mot par l’un d’eux, l’avocat Sébastien Courtoy, lors d’une audience préliminaire. 

Six jours après la tuerie, Nemmouche avait été arrêté le 30 mai 2014, en possession des armes utilisées, à Marseille, où s’est ensuite concentrée une partie de l’enquête. C’est également dans cette ville que son co-accusé Nacer Bendrer, 30 ans, a été interpellé en décembre 2014, soupçonné de l’avoir aidé à se fournir en armes. En 2008, les deux délinquants avaient fait connaissance à la prison de Salon-de-Provence, où ils étaient décrits comme radicalisés. Leur proximité est notamment attestée dans l’enquête par 46 contacts téléphoniques en l’espace de 15 jours en avril 2014, époque à laquelle Nemmouche est soupçonné être en pleins préparatifs.

Lire aussi : Début du procès de Mehdi Nemmouche, le terroriste présumé du musée juif de Bruxelles

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