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Soudan : l’ancien dirigeant Omar el-Béchir transféré dans une prison de Khartoum

Omar el-Béchir, président soudanais déchu, vient d’être transféré, durant la nuit du 16 au 17 avril, dans une prison de Khartoum, selon un proche de l’ancien chef d’Etat cité par l’AFP. Omar el-Béchir avait été renversé par l’armée le 11 avril sous la pression populaire.



«[Omar el-]Béchir a été transféré la nuit dernière dans la prison de Kober à Khartoum», a précisé ce membre de la famille à l’AFP, sous couvert d’anonymat pour des raisons de sécurité. L’ancien président soudanais de 75 ans était jusqu’ici détenu par les militaires, dans un lieu inconnu, à la suite de sa destitution par l’armée au terme de quatre mois de révolte à travers le pays.

Selon des témoins sur place, le secteur de cette prison du nord de Khartoum connaissait, le 17 avril, un important déploiement de soldats et de membres de groupes paramilitaires. «Il y a des militaires dans des véhicules chargés de mitrailleuses près de la prison», a affirmé l’un d’entre eux à l’AFP.

Quelle sortie pour el-Béchir?

Les manifestants soudanais, mobilisés depuis décembre 2018 contre le gouvernement, ont réclamé que l’ancien président, au pouvoir depuis le coup d’Etat de 1989, soit jugé. Amnesty International a de son côté appelé l’armée à remettre le président déchu à la Cour pénale internationale (CPI) qui a émis contre lui, il y a près de dix ans, deux mandats d’arrêt internationaux pour «crimes de guerre» et «crimes contre l’humanité» puis pour «génocide» dans la zone du Darfour à l’ouest du pays.

L’Ouganda a, lui, fait savoir le 16 avril qu’il pourrait «examiner» une demande d’asile d’Omar el-Béchir s’il était «approché» à ce sujet. Le 13 avril, le général Abdel Fattah Buhrane, à la tête du Conseil militaire de transition au Soudan, a promis «d’éliminer les racines» du gouvernement d’Omar el-Béchir. Le Conseil militaire compte toutefois parmi ses membres certains piliers de l’ancien gouvernement.

Après avoir affirmé le 12 avril dernier qu’elles refuseraient d’extrader l’ancien président soudanais, les nouvelles autorités ont indiqué, le 15 avril, par la voix du général Jalaluddine Cheikh, que la décision serait «prise par un gouvernement populaire élu et non par le Conseil militaire».

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